"Est-ce que j'invente tout ?" — Le doute en hypnose et en méditation
- Yahn-Loù Renard

- 20 déc. 2025
- 4 min de lecture
C'est probablement la question que l'on me pose le plus souvent. Sous différentes formes, mais toujours avec la même inquiétude au fond : "Je ressens des choses, mais je me demande si mes visualisations sont vraies ou si c'est juste mon mental qui fabrique."
Si vous vous reconnaissez, sachez que vous êtes loin d'être seul. Et surtout, que ce doute mérite qu'on s'y attarde.
Quand le corps dit oui, mais que la tête dit "hmm..."
Beaucoup de personnes vivent des ressentis physiques très nets pendant les séances. Une sensation d'élévation, un engourdissement agréable, une impression de descendre profondément en soi, un relâchement total du corps. Tout ça, c'est tangible, c'est là, ça ne se discute pas.
Mais dès qu'il s'agit des images, des visualisations, des scènes qui se déroulent dans l'esprit... le doute s'installe. "Est-ce que je vois vraiment ça ou est-ce que je l'invente ?"

La mauvaise nouvelle (qui est en fait une bonne nouvelle)
Je vais vous dire quelque chose qui va peut-être vous surprendre : oui, c'est votre mental. C'est bien lui qui produit ces images.
Mais attendez avant de refermer cet article !!!
Ce n'est pas parce que c'est votre mental que c'est "faux" ou sans valeur. C'est là que réside le malentendu.
D'où viennent vraiment les visualisations ?
En état d'hypnose ou de méditation profonde, votre mental conscient, celui qui analyse, qui juge, qui commente, se met en retrait. Il est toujours là, mais il parle moins fort. Et dans cet espace de calme, quelque chose d'autre peut s'exprimer : votre inconscient.
L'inconscient communique en images, en symboles, en sensations. C'est son langage. Les visualisations qui émergent pendant une séance ne sortent pas de nulle part : elles viennent de cette partie profonde de vous qui sait des choses que votre mental conscient ignore ou préfère ignorer.
Donc oui, techniquement, c'est "dans votre tête". Mais ce qui s'y passe a une valeur immense.
Le piège du "je devrais voir quelque chose de précis"
Souvent, le doute vient d'une attente. On s'imagine qu'une "vraie" visualisation devrait ressembler à un film en haute définition, avec des images nettes, des couleurs éclatantes, un scénario clair.
La réalité est souvent plus subtile. Parfois c'est flou, parfois c'est juste une impression, une couleur, une forme vague, parfois c'est davantage une sensation qu'une image. Et tout ça est parfaitement valide.
Votre façon de percevoir en état modifié de conscience vous appartient. Elle n'a pas à ressembler à celle de quelqu'un d'autre.

La question de la confiance
Est-ce un manque de confiance en soi ? Peut-être, en partie. Notre éducation nous a souvent appris à nous méfier de notre monde intérieur, à valoriser uniquement ce qui est "rationnel" et "prouvable".
Mais je préfère voir les choses autrement : ce doute est aussi une forme d'honnêteté intellectuelle. Vous ne gobez pas tout, vous questionnez, ce n'est pas un défaut.
Le travail consiste simplement à apprendre, petit à petit, à faire confiance au processus sans chercher à tout contrôler ou tout valider. À laisser venir ce qui vient, même si ça vous semble bizarre, même si votre mental murmure "tu inventes".
Et quand les visualisations deviennent désagréables ?
Voilà un autre sujet important. Parfois, au milieu d'un voyage intérieur, quelque chose de moins plaisant apparaît. Une image sombre, une sensation d'inconfort, une scène qui met mal à l'aise. Et instinctivement, on coupe, on sort de l'état, on revient à la surface.
Puis vient le regret : "J'aurais peut-être dû rester, aller voir ce que c'était..."
Alors, est-ce de la peur ou une protection salutaire ?
Les deux réponses sont justes
Parfois, c'est de la peur. Une partie de vous approche de quelque chose d'important, quelque chose qui demande à être vu ou libéré, et une autre partie prend les commandes pour fuir. C'est humain, c'est normal. Le psychisme a ses propres rythmes et ses propres seuils de tolérance.
Parfois, c'est une protection. Votre inconscient sait que ce n'est pas le bon moment, que vous n'êtes pas prêt, que les conditions ne sont pas réunies pour traverser cette zone-là. Et il vous fait remonter, pour votre bien.
Comment savoir laquelle des deux il s'agit ? Honnêtement, ce n'est pas toujours évident sur le moment.
Ce que je vous invite à faire
Plutôt que de vous juger ("j'ai eu peur", "j'ai encore fui"), observez simplement ce qui s'est passé avec curiosité. Notez ce que vous avez vu ou ressenti avant de couper. Cette information est précieuse.
Et rappelez-vous ceci : si quelque chose a besoin d'être vu, il reviendra. L'inconscient est patient. Il vous reproposera l'occasion, peut-être sous une autre forme, quand vous serez davantage prêt.
Il n'y a pas d'urgence, il n'y a pas d'échec, il n'y a que des étapes.
En résumé
Vos visualisations viennent de votre mental, oui, mais de ses couches profondes, celles qui ont des choses à vous montrer. Le fait de douter ne signifie pas que l'expérience est sans valeur.
Et si parfois vous coupez court face à quelque chose de désagréable, ne vous en voulez pas. Vous apprenez à naviguer dans votre propre monde intérieur. Ça prend du temps, ça demande de la patience envers vous-même.
La seule chose qui compte vraiment, c'est de continuer à explorer. Avec curiosité, avec bienveillance, sans pression.
Le reste viendra.
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Yahn-Loù Renard
Votre praticien en Hypnose Voyage Onirique






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